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La prostitution à Lyon
Conférence du 6 novembre 2010

 

Gérard Chauvy
Gérard Chauvy.

Conférencier : Gérard Chauvy

Compte-rendu extrait du Bulletin n° 252 de mars 2011

Palais de Glace
Dessin humoristique.

Mammouth de Choulans
La mère Cottivet lors de son intervention.

Nous étions nombreux à nous être déplacés ce samedi, d'une part parce que le conférencier du jour était Gérard Chauvy et d'autre part parce que le sujet était inédit et d'un intérêt particulier, à savoir la prostitution à Lyon.
Après un rapide historique mentionnant aussi bien le caractère sacré du plus vieux métier du monde à Athènes, que les lupanars romains ou la prostitution médiévale entretenue par les autorités, nous sommes revenus à Lyon dans l'univers des étuves, qui se voulaient bains publics mais étaient en fait des lieux de fornication.

C'est au 19e siècle que des écrits témoignent de l'importance du commerce de l'amour à Lyon avec l'existence de nombreuses maisons, dotées de la fameuse lanterne rouge et d'enseignes flamboyantes dans tous les quartiers de la ville : 40 maisons au total, la rue Molière entièrement dévolue à la prostitution, sans compter la misère d'un prolétariat féminin rural en quête de travail en ville qui connaissait bien souvent un destin tragique.
Avec la 3e République, le « métier » s'organise et répond à certaines règles dans les 24 maisons encore existantes : déclaration aux services de police, fichage des filles, entrave à leur circulation dans le domaine publique et surtout, contrôles sanitaires pour essayer de lutter contre la syphilis et les maladies vénériennes.

Au 20e siècle les maisons closes deviennent maisons de rendez-vous et sont surtout fréquentées par des bourgeois trop près de leurs sous pour entretenir une maîtresse. On vient là aussi pour s'amuser ou écouter de la musique. Ainsi, d'une part, tous les clients sont mis en fiche par ces maisons dont on se repassait les cartes de visite et d'autre part, toutes les adresses étaient répertoriées dans un « guide rose », annuaire très pratique !
Pendant la seconde guerre mondiale, les soldats allemands en nombre, deviennent les nouveaux habitués de ces établissements, contrôlant jusqu'au côté sanitaire des lieux avant d'être remplacés par les américains à la libération.

C'est le 13 Avril 1946 que la loi, insufflée par Marthe Richard, promulgue la fermeture des maisons closes et la fin de l'esclavage des filles qui y travaillaient.
Depuis cette époque, malgré tout, Lyon a continué à être une plaque tournante de la prostitution. On se rappelle tous d'Ulla, occupant en 1975 l'Eglise Saint-Nizier avec les prostituées de Lyon, pour demander une reconnaissance des filles.

Pour conclure, Gérard Chauvy cite Alphonse Boudard qui écrivait déjà : « Plus ça change, et plus c'est pareil ! » et constate qu'aucune réponse n'a été apportée depuis à ce vieux problème et qu'on réfléchit toujours à des solutions adaptées.
Merci monsieur Chauvy pour cet exposé historique et très élégant sur un aspect de notre société et de notre ville dont on parle mal et de toute façon, peu volontiers.

Christine Bonjour

 


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