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Le siège de Lyon en 1793
Conférence du 6 février 2010

 

Vivien Gitton
Vivien Gitton.

Conférencier : Vivien Gitton

Compte-rendu extrait du Bulletin n° 250 de juillet 2010

Palais de Glace
Chapelle Sainte-Croix, rue de Créqui.

Mammouth de Choulans
Crypte.

Pour la première conférence de l'année 2010, un cuchon de sociétaires s'est retrouvé Salle Molière, lieu inhabituel pour nos conférences. Un jeune sociétaire a pris le micro pour nous présenter une période peu abordée et assez lourde de notre ville qui a marqué l'histoire et les mémoires des lyonnais. Il s'agit du Siège que les lyonnais ont soutenu en 1793 contre les armées de la Convention depuis les scènes tragiques de la lutte, de la défaite jusqu'aux atroces vengeances qui s'ensuivirent.

Même si le siège de Lyon est assez méconnu de la part des lyonnais, c'est un évènement majeur de l'histoire de notre ville. Bruno Benoit et Raymond Curtet dans Les Colères de Lyon écriront que 1793 constitue le plus fort « rugissement de l'histoire lyonnaise ».

Le 8 mars 1793, une municipalité violente issue de clubs jacobins, menée par Joseph Challier, va exacerber les lyonnais de toutes les exactions menées contre eux. La population laborieuse se soulève le 29 mai. Challier est arrêté et l'ordre rétabli. Mais la Convention se sentant menacée par cette rébellion, ordonne à l'armée des Alpes dirigée par le général Kellermann de rejoindre Lyon et de remettre les Montagnards à la tête de la ville qui s'est soulevée.

La défense de Lyon s'organise à la hâte. Ce seront huit mille hommes commandés par M. de Précy, ancien colonel de la Garde royale, qui vont organiser la défense de la ville, même si la plupart sont inexpérimentés pour des actions de guerre.

Les hostilités commencent le 8 août. Les fortifications et en particulier les redoutes, le courage et le dévouement des défenseurs vont repousser les assaillants. La situation s'enlise et les conditions du siège sont remplies. Les armées qui encerclent Lyon compteront jusqu'à soixante mille hommes. Dirigées par le général Doppet, elles arriveront à bout des assiégés deux mois après le début des hostilités. Le 9 octobre, Précy quitte la ville par les faubourgs de Vaise avec sept cent braves appelés « muscadins » qui espérent détourner des habitants, la colère du vainqueur. La plupart d'entre eux seront exterminés.

Doppet respecte les vaincus, mais les commissaires de la Convention veulent se venger et rayer de la carte le nom de Lyon. C'est le moment de la Terreur jusqu'en avril 1794 : démolition des bâtiments, pillages, tueries à l'aide de la guillotine ou de funestes fusillades qui concerneront deux mille personnes. Les Brotteaux seront le champ des martyrs. Un cénotaphe sera élevé en mai 1795 en hommage aux victimes. Depuis 1906, l'ossuaire se trouve dans la crypte de la chapelle Sainte-Croix. Parmi les corps, il y a celui du Comte de Précy décédé le 25 août 1820 à Marcigny-sur-Loire.

Pour enrichir le sujet qui n'avait jamais été traité dans notre cycle de conférences, des pistes nous ont été données pour mieux appréhender cette période et compléter ce tantôt par des visites ou des lectures que nous pourrons effectuer. Encore merci à notre conférencier.

Jeris Castelbou

 


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