>> Le parler lyonnais est-il une « langue vivante
» ou une « langue morte » ?
Elle n'est pas encore morte ... Si le parler lyonnais était une « langue
morte », on n'en parlerait plus.
>> Est-elle pour autant « vivante
» ?
Elle est « vivante » par l'intermédiaire de certaines personnes, mais elle
n'est plus utilisée comme elle l'était auparavant, il y a encore 30 ans.
>> Quelle est la
définition du parler lyonnais ?
C'est un ensemble de mots francisés, d'origine latine, qui n'ont pas trouvé
leur équivalence dans la langue française, ou peut-être pas avec la même force
et la même délicatesse.
Le mot gone. C'est le plus connu. Il illustre le Lyonnais de sa naissance à sa
mort. Quand on a des enfants, on dit qu'on a des gones. Plus tard, le gone
grandit, mais il reste le gone de son père et de sa mère.
>> Le parler lyonnais,
c'est aussi un accent ?
C'est vrai. A Lyon, on traîne sur les voyelles, les a, les o, les e. Sans
forcer. Et puis on traîne un peu sur l'avant-dernière syllabe.
>> Qui parle le lyonnais
aujourd'hui ?
La plupart sont des personnes d'origine lyonnaise, qui à partir de 50 ans
conservent des mots et des expressions sans le savoir. Mais globalement, seules
les personnes âgées parlent le lyonnais couramment.
>> D'où viennent vos élèves
?
Ils viennent de tous horizons, de tous âges. Les personnes de plus de 50 ans
sont les plus nombreuses, mais nous avons aussi des jeunes et des néo-Lyonnais
qui ont envie de connaître le parler lyonnais. Ils sont curieux de le découvrir
et de le comprendre.
>> Observez-vous un
renouveau de l'intérêt pour le parler lyonnais ?
A oui. C'est quand tombent les frontières que les gens s'agrippent le plus à
leur région.
>> A quoi attribuez-vous ce
renouveau ?
Parler lyonnais, c'est se trouver des racines et des repères. Quand
j'emploie des mots lyonnais, des personnes viennent me voir pour me dire « j'ai
retrouvé mon enfance », « j'ai retrouvé ma grand-mère », etc. Et dès lors que
ces personnes retrouvent des mots, elles s'épanouissent.
>> Où parle-t-on lyonnais à
Lyon ?
Sur les marchés, beaucoup. On y vend encore des carottes rouges. Et les
carottes rouges, c'est lyonnais : c'est la betterave. On y vend aussi des
clergeons, des dents de Lyon et des groins d'âne ...
Propos recueillis par Franck Viart
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Les cours reprennent aujourd'hui L'association des amis de Lyon et de Guignol reprend aujourd'hui ses cours de parler lyonnais. C'est la 8e année consécutive. « On a du monde sans faire de publicité. Les cours sont bon enfant. Tout le monde participe et chacun a son mot à dire », explique Gérard Truchet. Ils accueillent environ 80 personnes et ont lieu une fois par mois le samedi après-midi de 15h à 17h au palais de la Mutualité, 1 place Antonin-Jutard, dans le 3e arrondissement. Ils sont animés par Gérard Truchet et par Anne-Marie Vurpas, linguiste et chercheur à l'Institut Pierre-Gardette, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Le calendrier des cours est le suivant : samedi 22 octobre, samedi 19 novembre, samedi 7 janvier, samedi 11 février, samedi 11 mars, samedi 29 avril, samedi 20 mai. Prix de l'adhésion : 24 euros par an. |
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