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dimanche, 05 octobre 2008
Du déménagement, de l'art de la marionnette et de la tradition |
On fêtait hier, salle Rameau à Lyon, les deux cents ans de Guignol. Pour l'occasion, la presque totalité des théâtres de Guignol lyonnais s'étaient donné fier et joyeux rendez-vous (La Compagnie des Zonzons, le Théâtre la Maison de Guignol, la Compagnie Art Toupan, la Compagnie Carton Pâte, le Guignol du Parc de la Tête d'or, la Compagnie Daniel Streble, Les Gones à Mourguet, les Compagnons de Guignol), bref, cela en faisait du monde, en chair comme en os & en bois comme en tissu, nom d'un rat, un sacré paquet de beau monde réuni par la centenaire Société des Amis de Lyon et de Guignol et son président Gérard TRUCHET. On doit à ce dernier l'adaptation d'une des plus célèbres pièces de Mourguet, Le Déménagement, dixième du recueil ONOFRIO. Adaptation que je salue avec respect, car le texte recopié par Onofrio l'étant en langage lyonnais, il fallait le couper tout en gardant les repères les plus connus du public, actualiser sans trahir, avec humour, insolence et tact. C'était difficile : TRUCHET L'A FAIT ! Il a même su utiliser le canevas recomposé par ses soins du Déménagement pour glisser quelques extraits d'autres pièces, Le Pot de Confitures, notamment, dans un bel effet de mise en abîme. A un moment donné, je me croyais vraiment, comme dans une gravure de Giranne, au caf'conc' du passage de l'Argue plongé au temps du Second Empire, quand le bourgeois allait écouter les fantaisies des descendants de Laurent. J'étais pourtant au fond de la salle Rameau, un samedi de 2008, l'an II du temps Sarko.
Extraits, saisis au vol
: A propos de Gérard Collomb : "Faut passer par son
cabinet pour voir le Maire de Lyon, mais pour l'instant, c'est
occupé". Un peu plus tard "Faut boire du
vin de Brindas quand on ne peut pas aller du ventre".
On cause, c'est vrai, beaucoup de bardanes
(1). On en balance même sur le public, en trimballant joyeusement
des matelas d'un logis à l'autre. Cela, c'est pour la tradition. On
A propos du Guignol de la Belle Epoque, Henri Béraud écrivait ceci : "Il faut entendre ces mots à double entente, ces refrains pimentés et ces dialogues polissons sortir de ces lèvres impassibles, jaillir de ces faces où rien ne tressaille, ou pas une fibre ne s'émeut pour nous dénoncer une pudeur ou nous indiquer une réticence; il faut voir ces gestes étroits et monotones, faits pour accompagner des sentiments moyens, ponctuer des répliques excessives, des phrases qui n'ont d'ordinaire pour excuse que la verve du corps souple et la gaité d'un bras spirituel; il faut, dis-je, entendre et voir ce Guignol pour connaître la saveur de l'humanité toute crue." Comment dire mieux ? (1) Punaises des lits, pour le profane. (2) Henri Béraud - Marrons de Lyon (Bernard Grasset, 1912) |
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lundi, 28 janvier 2008
On croit se douter d'après des rapports de police que
Guignol naquit le 24 octobre 1808, dans un café de la
rue Noire, à Lyon. C'est pourquoi la ville de Colomb et d'Aulas
s'apprête à célébrer le bicentenaire de l'illustre
Au contraire de Mourguet, dont le visage était rond ( voir
croquis ci-contre) le visage d'Onofrio était sec.
Guignol : Pourquoi paierais-tu pas à déjeuner ?
Guignol : T'as raison ! La savaterie et la canuserie, ça donne pas gras à boire ! Il faut qu'on trouve un autre état. Père Gnafron, nous avons manqué not-vocation : nous avons de vrais organes pour chanter des opéraux. Gnafron : C'est vrai, Chignol. Te ferais un joli ténor. Et moi, avec ma basse-taille, je te soutiendrais par derrière. (Ils massacrent un air d'opéra) |
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